Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La Traviata chahutée à la Scala

Publié le par L'Art & la Manière

Le 7 décembre à la Scala, le temps se fige. Ce jour de la Saint-Ambroise, saint patron de la ville de Milan, marque l'ouverture de la saison du temple de l'art lyrique. Smokings et robes du soir se donnent rendez-vous sur le tapis rouge. Quand le barrage de police s'ouvre pour vous laisser passer sur présentation de votre billet, vous vous prendriez presque pour quelqu'un d'important. Le spectacle est dans la salle: le public se lève pour l'entrée du président de la République Giorgio Napolitano, le chef Daniele Gatti demande une minute de silence en l'honneur de Nelson Mandela, l'orchestre entonne l'hymne italien. Après le spectacle, les médias se précipitent sur les people: le styliste Giorgio ­Armani, la danseuse Carla Fracci, le président de la Commission euro­péenne José Manuel Barroso y vont de leur commentaire plus ou moins éclairé sur le chant et leur perplexité envers la mise en scène. On est bien en Italie. Quelques minutes avant, c'étaient les loggionisti, les spectateurs du poulailler, qui avaient chauffé la salle, compensant la froideur d'un parterre guindé. Leur verdict: huées pour le metteur en scène et le ténor, bravos et sifflets mêlés pour le chef, ovation pour la soprano. Un vrai 7 décembre à la Scala.

La Traviata chahutée à la ScalaLa Traviata chahutée à la Scala
La Traviata chahutée à la ScalaLa Traviata chahutée à la ScalaLa Traviata chahutée à la Scala

« Et cette pauvre Mariette Duplessis qui est morte… C’est la première femme dont j’ai été amoureux, qui se trouve dans je ne sais quel cimetière, livrée aux vers du sépulcre ! Elle me le disait bien il y a quinze mois : “Je ne vivrai pas : je suis une singulière fille et je ne pourrai y tenir à cette vie que je ne sais pas ne pas mener et que je ne sais pas non plus supporter. Prends-moi, emmène-moi où tu voudras ; je ne te gênerai pas, je dors toute la journée, le soir tu me laisseras aller au spectacle et la nuit tu feras de moi ce que tu voudras !” Je ne vous ai jamais dit de quel singulier attachement je m’étais pris pour cette charmante créature. Maintenant la voilà morte… Et je ne sais quelle étrange corde d’élégie antique vibre dans mon cœur à son souvenir. » Lettre de Franz Liszt à Marie d’Agoult. Il y évoque celle qui allait devenir la Dame aux camélias.

Commenter cet article