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Apéro et opéra

Publié le par L'Art & la Manière

Par Renaud Machart LE MONDE | 02.04.2013

" [...] La dernière fois que je suis allé au cinéma, c'était pour y voir un... opéra, en direct du Metropolitan Opera de New York. J'ai déjà eu l'occasion de dire ici combien l'initiative qu'avait eue Peter Gelb, son directeur,  diffuser internationalement, en direct et sur grand écran les principales productions de sa saison avait bouleversé les modes de transmission et de réception de la chose lyrique. Tout le monde a suivi, même les plus réfractaires, et il n'est guère de grande institution musicale qui ne se plie aujourd'hui au rite de la transmission à distance sur écran numérique.

Mais, pour ceux qui, comme moi, n'aiment guère les salles obscures, l'opéra à la télévision, avec un son relayé par la stéréophonie d'une bonne chaîne hi-fi, c'est encore mieux. On peut s'absenter quelques instants pendant une scène de ballet ennuyeuse, un récitatif trop long, et faire ce que faisaient antan les auditeurs des salles de spectacle à l'abri du rideau de leur loge : vaquer à de tout autres occupations. (En mon cas, très prosaïquement, éplucher des carottes ou affûter mes couteaux devant l'écran de mon téléviseur tout en sifflant un petit apéro.)

Lundi 1er avril, à 19 h 15, Mezzo diffusait La Flûte enchantée, de Mozart, donnée en direct de Baden-Baden, où le rutilant Festival de Pâques tente de - et réussit à - tailler des croupières à celui de Salzbourg. Jeune distribution assez luxueuse, heureusement télégénique (la caméra HD peut être cruelle) et bien chantante, avec un Tamino (Pavol Breslik) et un Papageno (Michael Nagy) épatants. Dans la fosse,Sir Simon Rattle sculpte finement un Mozart à l'ancienne ("historiquement informé", comme on dit aujourd'hui) avec tout le confort moderne des splendides sonorités de la Philarmonie de Berlin.

Sur scène,Robert Carsen fait du Robert Carsen de routine, c'est- à-dire un travail propre, lisible, réfléchi (lecture freudienne de ce combat pour la lumière de la vérité de soi qu'il expliquait limpidement lors d'un entretien, pendant l'entracte, avec le journaliste Antoine Pecqueur), mais un peu vide.

Pour parodier le titre d'un petit ouvrage de Jean Baudrillard, ce n'était donc ni une lutte enchantée ni une Flûte finale."

 

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C
Renaud Machart exagère un peu, comme toujours...
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